Un débat sur
radio bleu cotentin, entrecoupé de publicité, et de
l’inquiétude justifiée du pays
réel Cherbourgeois n’a pas donné le temps aux opposants d’informer les
auditeurs de la teneur mensongère et occulte des arguments
soutenus par les instances favorables à l’implantation au
milieu de la zone portuaire, non abritée, d’un centre de
transit, donc de manutention, et de stockage de
Charbon.
Il en est de
même de l’omerta et du silence scandaleux des médias, fait
autour de l’argumentaire technique de ceux qui dénoncent
l’infaisabilité d’un tel
projet.
Or, les
Cherbourgeois ont un droit : celui de savoir ; les
acteurs de ce projet ont un devoir : celui de ne pas se servir
de la désinformation.
Ce
terminal pose quatre types de problèmes qui restent encore non
résolus, quoiqu’en disent les défenseurs de ce
projet.
Atteinte au
littoral
Le mouillage
et le transbordement est prévu dans l’Anse du Becquet ,
non abritée et exposée aux vents de secteur NW à ENE, soit 40% des
fréquences, ainsi qu’à de forts courants dont la renverse
porte à l’intérieur de cette baie. Une étude d’impacts
envoyée récemment au Préfet de la Manche, au Préfet maritime et aux
décideurs économiques et politiques locaux, démontre, dans
l’hypothèse la plus favorable qu’une perte
annuelle de 150
tonnes de poussières de charbon, sera répandue en mer au cours de
cette seule manutention de transbordement. La base optimiste du
calcul tient compte d’une perte de 1 kg pour 25
tonnes.
Cette
dispersion entraînera des dépôts sur les fonds (au détriment de la
pêche locale), sur la
flore, et le long des plages touristiques classées, en
contradiction avec les accords du Grenelle de l’environnement
qui furent signés par ceux là même qui défendent aujourd’hui
un tel projet. Cette évaluation, hélas, au dire de nombre de
professionnels, risque de sous estimer, les
réelles conséquences sur cette zone.
Absence d’infrastructures
portuaires compatibles
Le site de
stockage se situe sur le terre-plein des mielles à 800 m du
terminal ferries, à 600 m des rampes d’embarquement
passagers, à 700 m de la zone industrielle regroupant plusieurs
entreprises de maintenance et de sous-traitance et à 800 m des
Constructions Maritimes de Normandie spécialisées, entre autres,
dans le conditionnement de yachts de luxe. Le plan de masse de la
zone portuaire n’est donc pas adapté, n’est pas protégé
de 43% des vents susceptibles de rabattre sur les zones habitées,
les poussières liées à la manutention et au
stockage.
Toute
l’activité de cette zone sera exposée à la double manutention
de déchargement des barges et de rechargement de caboteurs, soit
380 tonnes, d’échappée de poussière, sans compter la
manutention à terre, par an sur la même base de
calcul.
C’est
donc au minimum près de 500 tonnes par an de poussières qui seront
dispersées sur la côte et dans l’environnement portuaire,
selon l’hypothèse la plus optimiste de l’étude
d’impacts, par les aléas météorologiques ou les courants
répertoriés.
Des photos aériennes
satellites des sites
utilisant les moyens de manutention semblables à ceux mises en
place à Cherbourg, montrent un rayonnement de cette dispersion
au-delà de 5 kms (Porto Bolivar, certes « en Colombie »).
Le site de Terneuzen, bien moins exposé aux vents forts que
Cherbourg, ne fait pas exception au constat d’une présence
constante de poussières volatiles autour des zones de stockage et
de manutention, en dépit des mesures techniques prévues sur le site
(1 km de rayon de pollution). Les toits sont blancs, mais les bas
de portes le sont-ils ?
Or le vice du dossier de présentation du projet est
d’appliquer des paramètres de terminaux charbonniers en zone
abritées à des zones
ouvertes, exposées à la houle, comme la baie du Becquet,
ou aux vents comme le terre plein des Mielles de
Cherbourg.
De plus il faudra
quantifier le transport mécanique de ces poussières au cours des va
et viens de
véhicules, de personnels, et de l’évacuation partielle par
voie ferrée.
Risques physiques
Nous mettons
l’accent sur les doutes, quant à la sécurité du mouillage et
du transbordement qui vont s’opérer autour d’un type de
navire généralement peu manœuvrant, au regard de la à
proximité de la côte (2 MN, soit 3.7 kms) et avec une ligne de sonde de 10 m
située à 1MN (1.8 kms) de la verticale du point
d’amarrage.
Une telle situation
apparaît délicate tant pour la grue que pour les barges
susceptibles d’être confrontées à des vagues hautes et
courtes par vents
contre courant lors de leur amarrage à couple ou de leur
remorquage.
Par vent fraîchissant de
noroit de plus de 35 nds, l’emplacement choisi pour le mouillage ne semble pas
en rapport avec la capacité d’évitage du type de navire
« capesize », par ses propres moyens en cas
d’urgence et d’indisponibilité de
remorqueurs suffisamment puissants.
Par son plan de carène
(4500m2 d’oeuvres vives) , son tirant d’eau (14 à 18m),
sa voilure (prise au vent de 6000m2), sa motorisation réduite
(environ 35000cv), son absence de propulseurs auxiliaires, son
inertie, ce type de navire soumis à des contraintes de mer et de
vent sera incapable de se dégager de la zone de mouillage compte
tenu de la proximité de la remonté des fonds à 1 miles de son point
de mouillage.
Enfin
l’accent est mis par la commission de sécurité, sur les
risques de vapeurs du fait de vents défavorables (fréquence
43%).
Risques économiques et
sociaux.
L’activité
portuaire passager, déjà en berne sur le terminal ferries ne
manquera pas de diminuer, à long terme, lorsque, pendant des heures les
touristes en attente auront été exposés à un épandage de poussières
porté par des régimes de vents d’est, dit d’amont,
connus par les cherbourgeois. Ces vents asséchant sévissent sous le
régime 3, 6,9 jours.
Par ailleurs, que valent les
quelques emplois peut être créés à court terme, autour de cette
nouvelle activité, au regard du préjudice, à moyen terme, subit et
clairement énoncé il y a quelques mois par la Direction des CMN si
ce projet de terminal charbon était
imposé.
Ce n’est pas
agiter un chiffon rouge que de rappeler la réalité des 450
personnes concernées
par cette société et des 150 sous-traitants, qui en dépendent,
ainsi que l’attachement des Cherbourgeois à cette entreprise
et à la qualité de ses productions.
Il ne sert à rien de botter en touche après avoir demandé le
pénalty.
En fait, je
dénonce, et j’en suis consterné, une scandaleuse hypocrisie
des élus sur cette affaire.
Hypocrisie du
silence et de la langue de bois :
-
Silence, car ils savent que le
dossier est truffé de contre vérités. Un dossier a été constitué et
envoyé, et des exposés leur ont été effectués.
-
Langue de bois, car se réfugiant
derrière la nécessité de préserver le bassin de l’emploi, les
élus sont incapables d’annoncer un nombre réel et chiffré de
créations d’emploi sur
Cherbourg.
-
Silence car ils n’envisagent
pas de se mettre à table avec tous les partenaires industriels et
privés, acteurs économiques, concernés par cette implantation
pour décider d’une réelle politique de l’emploi autour
d’une infrastructure portuaire privilégiée et pourtant
sinistrée. Ils ne prennent pas en compte l’impact négatif qui
plombera l’activité commerçante de la ville, commerciale de
transit passager, et touristique.
-
Langue de bois parce que
l’unique perspective des Elections et des considérations
politiciennes guident les prises de position, les prenant en étau
entre les pressions imposées par le mensonge et les voix
qu’ils perdront aux prochaines élections. C’est facile
de dire cela ? c’est cependant un fait dont
l’activité locale sera la première victime.
Et je ne parle pas des langues
qui se délient quand les micros se
ferment.
Par contre, la seule mesure concrète appliquée sur le terrain pour
faire respecter les décisions du « Grenelle de
l’environnement » est l’inutile taxe carbone
imposée à ceux qui vont subir les conséquences de la pire des
décisions pour Cherbourg.
Cette affaire du terminal
charbonnier, comme celle de la réhabilitation de l’hôpital
des Armées en école du cinéma, est un dossier imposé par les mêmes
personnes, mal monté, mal vérifié, mal présenté et accompagné de
décisions irréversibles hâtives devant lesquelles les
Cherbourgeois sont en passe d’être mis une nouvelle fois
devant le fait accompli.(1)
Le Cotentin a accepté le
nucléaire, il a suffisamment concédé en matière d’énergie
pour qu’on ne lui impose pas d’autres nuisances
collatérales sous couvert d’un argumentaire contestable et
contesté.
Dans ces conditions, sans s’engouffrer uniquement dans les
généralités du réchauffement de la terre du fait de
l’activité humaine (contestées par nombre de scientifiques),
les Cherbourgeois doivent se mobiliser massivement contre un projet
à risque, hâtivement préparé, entaché de contre vérités démenties
par des professionnels de la mer.
Sauver le bassin de
l’emploi est capital mais n’impose pas de déshabiller
l’un pour habiller l’autre.
Le vrac OUI, mais sans les
nuisances connexes incompatible au tissu urbain et économique
environnant. Le
charbon : NON
Hormis la pire des
solutions qu’est ce terminal, par exemple, Le bassin de
l’emploi sur Cherbourg pourrait être sauvé également par
l’implantation d’une activité durable de déconstruction
navale (civile et militaire) autour de certaines des
anciennes formes
inemployées dans l’arsenal. Le terre plein des Mielles
pourrait être alors
affecté à la préparation et à la décontamination (amiante) des
navires avant déchirage, ces opérations préparatoires pouvant être
réalisées à flot et en toute sécurité pour l’environnement,
conformément à la réglementation.
Mais surtout, un nombre plus
important d’emplois pourraient être sauvé et
développé.
Ainsi serions-nous
en conformité avec le « Grenelle de
l’environnement », défendu par les mêmes politiciens,
qui ne semblent pas décidés à l’appliquer sur le
terrain.
Philippe Alphé,
Officier du service de santé des
armées en retraite
Gestionnaire-Adjoint du Centre
hospitalier des armées René Le BAS de 1987 à 1991
(1) rappelons nous des 33
millions d’€ provenant de différents fonds publics
engagés au profit d’ une Ecole privée, dirigée par une
« relation » de Mr Legrand, qui devait fermer 2 ans plus
tard ,laissant une ardoise de 1,5 millions d’€ sans
avoir ouvert d’emplois.